« Hiroshima et Nagasaki ont fait l’objet d’attaques délibérées dans le but d’entraîner la mort en masse et de semer la destruction la plus totale; depuis, plus de 2000 essais nucléaires ont été réalisés dans le mépris le plus complet de leurs conséquences afin de tuer ailleurs et de démontrer sa force aux ennemis», peut-on lire dans la déclaration. «La destruction continue, la violence inhérente au développement de technologies nucléaires et les accidents nucléaires révèlent l’immensité du danger que nous faisons planer sur notre monde pour atteindre ces fins.»
Cette déclaration appelle à la paix, à l’abolition nucléaire et à la justice. «Si les défis sont immenses, le moment est venu d’affirmer qu’un autre chemin est possible: un chemin jalonné de solidarité, de dignité humaine et d’espérance», est-il poursuivi dans la déclaration. «Le 80e anniversaire des bombardements atomiques est l’occasion de revoir nos priorités.»
Cette déclaration honore l’héritage de toutes celles et tous ceux qui portent les plaies du nucléarisme. «Nous regrettons l’assimilation des armes nucléaires au progrès technologique, stratégique ou politique, ou à la garantie de la sécurité», est-il indiqué. «Nous refusons que l’industrie de l’énergie nucléaire soit érigée en symbole de la décolonisation ou de l’environnementalisme».
Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales du COE, a souligné l’intemporalité de cette problématique. «Le risque de guerre nucléaire, voulue ou accidentelle, est de nouveau une grande menace existentielle croissante, parmi les nombreuses crises qui tenaillent le monde aujourd’hui.» Il a fait observer que le COE a participé activement aux efforts de la société civile qui ont débouché sur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, signé à ce jour par 94 États. «Aucune Église, aucune communauté chrétienne, ni assurément aucune personne sensée ne peuvent tolérer le développement, la possession ou l’utilisation des armes aux effets destructeurs les plus catastrophiques, les plus aveugles et les plus intergénérationnels jamais conçues par l’être humain», a soutenu Prove. «La doctrine de la dissuasion nucléaire repose essentiellement sur la volonté d’utiliser ces armes, volonté qui doit être rejetée d’un point de vue éthique chrétien», a-t-il conclu.
Ce message interreligieux souligne également l’attachement à des efforts locaux, régionaux, nationaux, mondiaux et métaphysiques. «Les efforts visant à l’abolition nucléaire tonifient et donnent la priorité à une éthique de l’être fondée sur la vérité, des relations justes et des analyses réelles de la survie», conclut le texte. «Nous devons nous hisser à la hauteur de l’occasion, appelé-e-s par nos traditions de foi, nos boussoles morales et nos engagements spirituels.»
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Commission des Églises pour les affaires internationales du COE