La rencontre s’est déroulée à l’occasion du Rassemblement œcuménique international pour la paix 2026, qui s’est tenu à Séoul du 9 au 13 septembre, et qui était co-organisé par le COE, la Conférence chrétienne d’Asie et le Conseil national des Églises de Corée (NCCK).
Le pasteur Pillay était accompagné de M. Peter Prove, directeur de la Commission des Églises pour les affaires internationales, de la pasteure Jung Eun Grace Moon, secrétaire générale de la Conférence chrétienne d’Asie, du pasteur Park Seung Ryoul, secrétaire général du NCCK, de Mme Melissa Parke, directrice exécutive de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, et d’autres partenaires œcuméniques.
Les échanges ont porté notamment sur l’absence actuelle de canaux efficaces pour le dialogue inter-coréen et sur le rôle possible des Églises, à savoir créer des espaces où les liens pourraient progressivement se renouer et la confiance se restaurer.
Le pasteur Pillay a insisté sur l’intérêt que le COE porte depuis longtemps à la paix dans la péninsule coréenne, et sur son étroite coopération avec le NCCK et les Églises de la région. Il a rappelé l’importance de la rencontre de Glion, en 1986, au cours de laquelle des chrétiens et chrétiennes de Corée du Nord et de Corée du Sud s’étaient réuni-e-s grâce au COE, soulignant que le quarantième anniversaire de cette rencontre nous rappelle ce qui est possible et nous encourage à ne pas abandonner le dialogue malgré les circonstances difficiles.
«Nous n’abandonnerons pas nos efforts en faveur de la paix et de la réconciliation», a déclaré le pasteur Pillay.
Les questions de la réconciliation ou de la réunification posant des difficultés sur le plan politique, le pasteur Pillay a suggéré que ce dialogue renouvelé s’articule d’abord autour de préoccupations communes concrètes, telles que les changements climatiques, les besoins humanitaires et sociaux, ainsi que d’autres formes de coopération diaconale.
La Première ministre Han a salué cette démarche progressive, soulignant qu’il était impossible de renouer le dialogue simplement en déclarant que la réconciliation était un objectif immédiat. Aborder des sujets concrets, qui concernent la vie quotidienne de la population, peut constituer une première étape plus réaliste vers des liens renoués et une confiance restaurée.
Les personnes présentes ont également parlé des liens que le COE continue d’entretenir avec la Fédération chrétienne de Corée (KCF), une organisation de République populaire démocratique de Corée. M. Prove a précisé que le COE avait reçu, à l’occasion de son 78e anniversaire, un message de la KCF exprimant son souhait d’entretenir de bonnes relations et des liens de solidarité.
Selon les représentant-e-s du COE, il s’agit d’un signe modeste, mais encourageant indiquant qu’il existe peut-être une possibilité de restaurer le dialogue. Le COE entend continuer d’étudier les possibilités d’échange direct et d’initiatives susceptibles de rassembler les chrétiens et chrétiennes du Nord et du Sud au sein d’une communauté renouvelée.
S’exprimant au sujet des conversations qui se sont déroulées à Séoul, le pasteur Pillay a déclaré que pour restaurer des liens, il faudrait peut-être commencer par de simples rencontres et non s’attaquer immédiatement aux questions politiques les plus complexes.
«Parfois, il faut reculer pour pouvoir avancer de nouveau», a-t-il expliqué, précisant que le simple fait de se réunir en tant que chrétiennes et chrétiens, de communier et de rompre le pain ensemble pouvait constituer le point de départ d’un dialogue plus profond.
La Première ministre Han a exprimé ses remerciements pour la contribution apportée à la société coréenne par les Églises de Corée et le COE au fil du temps, et a encouragé la communauté œcuménique à continuer de jouer un rôle constructif en faveur de la paix.
La rencontre a permis de souligner une conviction commune: malgré l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les relations inter-coréennes, il est possible de maintenir ouverts les canaux de rencontre et d’entretenir l’espoir de paix pour la péninsule coréenne grâce à des échanges patients par l’intermédiaire des Églises et de la société civile, et au moyen d’une coopération concrète.